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F√Ęcheuse bavure

Mes deux voisins dans leur maison
Furent un jour saucissonnés
Par deux cagoulés en blouson
Qui dans les environs tra√ģnaient.

Pendant qu'ils farfouillaient partout,
Et dévastaient l'appartement
Hurlant, jetant et cassant tout
Mon voisin courageusement,

En sautillant sur ses pieds nus,
S'en fut déclencher son alarme,
Et tous les voisins prévenus
En appelèrent aux gendarmes.

Ils arrivèrent sans retard,
Une bagarre s'en suivit
Et, maitrisés, nos deux loubards
Vers la prison furent conduits.

Ces deux voyous dans la voiture
Des cognes qui les emmenaient
Crièrent fort à la bavure,
Se plaignant d'être malmenés.

Le juge leur donna raison,
Dans cet affrontement féroce,
L'un avait t√Ęch√© son blouson
L'autre s'était fait une bosse.

Endommager les vêtements
Des prévenus qu'on interpelle,
Et les rudoyer durement,
Cela justifie qu'on rappelle

Aux représentants de la loi,
Que ces brutalités typiques
Restent de très mauvais aloi
Dans un pays démocratique.

Ces bons gendarmes auraient mieux fait
Pour éviter une bavure,
De laisser ces voyous parfaits
S'évanouir dans la nature.

De leurs fonctions sur le champ
Ils se virent tous relevés,
Et mes deux voisins si méchants,
A leur voisinage enlevés,

Furent mis dans une prison
Pour être devenus complices
De cette mauvaise action
Perpétrée par notre police.

Nos deux délinquant, eux, reçurent
Les excuses de la société
Pour compenser cette bavure
Qu'ils n'avaient guère méritée.

La maison de mes deux voisins
Est désormais à reconstruire
Car des deux voyous les copains
L'ont incendiée pour la détruire.

On ne peut en ces années noires
Leur reprocher d'avoir été
De jeunes délinquants notoires,
C'est la faute à la société.